Au moment où j’écris ces lignes, nous sommes dans un gros brouillard épais. Même en ayant les lumières sur les hautes, il est impossible de savoir si les Canadiens de Montréal seront en séries éliminatoires ou non. Collectivement, nous devons tous souhaiter les voir se frayer un chemin dans cette grande valse printanière, même par la fenêtre du sous-sol. Au niveau purement hockey, ce serait une chance formidable pour un personnel d’entraîneurs aussi peu expérimenté de goûter à la pression des séries. Même constat pour les jeunes Hutson, Slafkovsky, Guhle et Montembeault, qui, lui, n’a pas vu d’action éliminatoire depuis ses années juniors en 2018. Je suis conscient que le parcours en séries risque d’être court, mais ça n’a aucune importance, ils vont apprendre à une vitesse incroyable.
Maintenant, si vous n’aimez pas le hockey ou si vous détestez tout simplement le Canadien, vous devez quand même souhaiter une présence du CH en séries. Économiquement parlant, l’équipe est un petit moteur pour le Québec. Au niveau médiatique, ce sont des revenus importants pour les réseaux sportifs. Nous avons bien beau aimer le hockey, mais un match entre la Floride et Washington, présenté par une belle soirée de printemps, n’aura pas le même impact sur les cotes d’écoute. Pour les restaurateurs qui peinent encore à se remettre des années COVID, un match de séries un mardi soir permettra de mettre plus de monde dans la salle à manger qu’un mardi, disons, « normal ». Idem pour les pizzerias ou autres formules de « take-out », qui feront le bonheur de la gang de chums qui regardent ça sur une 126 pouces dans le garage du gros Bob. Même chose pour les dépanneurs et épiceries, qui verront une augmentation des ventes de bière et de chips. Je suis conscient qu’économiquement parlant, nous sommes loin de la Baie-James, mais en 2025, avons-nous le luxe de cracher là-dessus?
J’ai gardé le point le plus important pour la fin. Les Canadiens en séries, c’est du gros bonheur collectif. D’un seul coup, ma tante Ginette, qui n’a pas vu une partie de la saison, va se mettre à tripper sur son « Claude » Caufield. Dans les restaurants à déjeuner, le lendemain d’un match, ça va s’obstiner sur les choix de Martin St-Louis en avantage numérique. Les fans finis des Canadiens vont crier au génie et dire que l’équipe s’en va pour la Coupe… après une victoire. Bref, tout le monde va parler hockey. Pour l’instant de quelques soirées, on va oublier nos petits ou gros problèmes. Ne plus penser à Trump, ses tarifs et une campagne électorale plate. Fans des Canadiens ou non, allons-y ensemble.
Go Habs Go.