Chroniques

Temps de lecture : 1 min 41 s

La jasette de la gazette

Dérives

Le 13 août 2026 — Modifié à 07 h 00 min
Par Stéphanie Gagnon

Au fil d’une soirée où les discussions partaient dans tous les sens, on m’a suggéré d’écouter le balado Dérives, d’Olivier Chouinard (le Pharmachien), qui aborde les mécanismes, les dérives pouvant mener à des conséquences tragiques.

Ce que je fais depuis deux semaines à chaque déplacement en voiture, qu’il dure cinq minutes ou une heure. La prémisse est fascinante : comment des personnes intelligentes, instruites et parfaitement fonctionnelles en viennent-elles à mettre leur vie en danger, voire à mourir, après avoir été aspirées dans un monde où tous les remparts de leur vigilance ont progressivement cédé?

Dans la première saison, on documente l’histoire de Chantale Lavigne, cette femme dont le décès a été largement médiatisé en juillet 2011. Elle a trouvé la mort lors d’un rituel de sudation dont les circonstances sont longtemps demeurées nébuleuses.

Ce qui m’a le plus troublée, ce n’est pas l’histoire en elle-même, c’est de réaliser que les personnes impliquées dans chaque saison n’étaient pas des imbéciles. Elles étaient des gens comme vous et moi. Des personnes capables de réfléchir, de travailler, d’élever une famille et pourtant, graduellement, elles ont cessé de remettre en question ce qu’on leur présentait comme des vérités. Ça fait peur.

Bref, je vous recommande vivement l’écoute de ce balado, disponible sur OHdio et les 4 saisons s’écoutent sur le bout de la chaise. C’est captivant, mais surtout, je retiens l’invitation à demeurer vigilant et à cultiver un profond esprit critique.

Tout cela m’a rappelé une lecture qui m’a profondément marquée il y a plus de vingt ans : Petit cours d’autodéfense intellectuelle, de Normand Baillargeon. Un de ces rares livres qui changent notre façon de regarder le monde.

Par les temps qui courent, il m’apparaît plus nécessaire encore qu’à sa sortie, en 2005. J’irais même jusqu’à dire qu’il devrait figurer parmi les lectures incontournables à la fin du secondaire. Car développer son esprit critique, c’est apprendre à reconnaître les sophismes, les biais, les raccourcis intellectuels et les discours qui cherchent davantage à séduire qu’à convaincre. C’est se donner les outils pour ne pas se laisser entraîner par les beaux discours, qu’ils soient de nature personnelle, professionnelle ou politique.

Dans Father and son, Cat Stevens chantait : from the moment I could talk, I was ordered to listen. Dès notre plus jeune âge, on nous apprend écouter. Mais il faut aussi apprendre à questionner. À cinq ans, on demande ‘pourquoi’ par curiosité. Faudrait continuer de le faire à 50, par sagesse.

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