Le projet est porté par Luc Fortier et Steve Fréchette, tous deux vétérans des Forces armées canadiennes. En développement depuis 2014, il repose notamment sur le constat que certaines personnes de la région doivent actuellement se déplacer vers les grands centres pour avoir accès à des services spécialisés.
Le centre otissien offrira des thérapies fermées de 27 jours à 12 personnes ayant porté ou portant un uniforme, et qui veulent être guéries de traumatismes subis. Le projet représente des déboursés de près de 4 M$. En entrevue au 92,5 Ma radio d’Ici, le vice-président fondateur du CADU, Steeve Fréchette, nous explique en quoi consiste la thérapie qui sera offerte.
« C'est une thérapie fermée qui va se passer en 27 jours, où les gens qui sont atteints du stress post-traumatique ou de blessures opérationnelles vont être recommandés par leur psychologue d'aller en thérapie fermée. Il s’agit là de la finalisation avant la réintégration dans la société. Ils apprennent à travailler en groupe, à reconnaître les facteurs qui pourraient les mettre à risque en public. Ça les aidera aussi à comprendre qu'ils ne sont pas les seuls à vivre un choc post-traumatique ».
Bien que d’autres types de centres similaires existent ailleurs au Québec, celui de Saint-Félix d’Otis aura son créneau tout à lui. Le conseil d'administration du Centre d’Accueil des Uniformes, composé entre autres de policiers, de pompiers et de militaires veillera à sélectionner les personnes qui y séjourneront. En ce qui a trait à la thérapie offerte au CADU, elle vise surtout à aider les personnes porteuses d’uniformes qui y séjourneront à mieux se réadapter à la collectivité.
« C'est une démarche de finalisation pour mieux intégrer la société. Parce que beaucoup d'entre eux, le plupart du temps, sont des ermites: ils restent chez eux, ils ne sortent pas. En groupe, ensemble, ils savent qu’ils ont tous les mêmes symptômes, on est capable de travailler là-dessus sur une thérapie de groupe pour les préparer à mieux réintégrer la société. Pour des policiers, des militaires qui qui travaillent pour la communauté, de se faire reconnaître comme quoi ils ont « mis un genou à terre », ce n’est pas dans les mœurs de la société actuelle. Nous serons réellement le seul dans notre créneau de la façon qu'on veut le faire, et on va s’assurer que les intervenants puissent passer à l’intérieur de leur programme à travers les 27 jours, que ce ne soit « pesant » pour eux ».
Le fédéral a contribué à la hauteur de 1,7 M$, montant redistribué en région, et pour lequel l’ex-ministre Andrée Laforest a fait en sorte qu’il soit dédié au projet, comme le précise Steeve Fréchette. La municipalité octroie le terrain, et un prêt passif gouvernemental de 2,5 M$ boucle le montant nécessaire à la réalisation du projet.



